03 août 2020

4.3 - Honeybus

4.2 – Colin Blunstone ⬅ 🎵 ➡ 4.4 - The Idle Race

Honeybus, allons hautbois !

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⏯ Leur pop était élégante et raffinée, avec une signature baroque qui n'appartenait qu'à eux. Mais en cette foisonnante fin des sixties, la concurrence était rude. Après avoir réussi à obtenir un hit début 68, les Anglais d'Honeybus, comme bien d'autres, échouent à transformer l'essai. Victime du syndrome Brian Wilson, le leader Pete Dello refuse de partir en tournée et quitte le navire au pire moment. Ses camarades poursuivent plutôt dignement l'aventure et publient même un (bon) album en 1970, avant de se séparer. Quelques mois plus tard, la formation originale se réunit pour quelques singles et enregistre même un nouvel opus... que la maison de disques ne jugera pas utile de sortir. Révélées quelques décennies plus tard, le fruit de ces prolifiques sessions réjouira les amateurs de trésors cachés.

1- (Do I Figure) In Your Life (1967) : Deuxième single, qui n'aura pas plus de succès que le premier, mais qui donne le ton des productions à venir. Des ballades mélancoliques, délicatement arrangées, comme si les Bee Gees avaient fait le choix de la sobriété plutôt que du mélodrame.
2- I Can't Let Maggie Go (1968) : LE tube incontournable après lequel le groupe ne cessera plus de courir par la suite, l'intro au hautbois devenant même une signature. Ni clavecin, ni cordes, mais une pop indéniablement baroque, dont la mélodie "kinkesque" et les harmonies lumineuses sont admirablement équilibrées par la mélancolie du quatuor de bois. Un chef d'oeuvre.
3- She Sold Blackpool Rock (1969) : Luxuriante introduction orchestrale, suite d'accords descendants et incursions de guitares rock... Le chaînon manquant entre Hey Jude des Beatles et Isn't It A Pity que George Harrison produira l'année suivante en solo.
4- Story (1970) : Le titre qui ouvre l'album éponyme est dans la lignée du single précédent, entre McCartney et les productions du Badfinger de la même époque. Un peu trop appliqué, mais efficace.
5- For Were Have You Been (1972) : Cachée en face B d'un single oublié, cette magnifique composition a connu une première version rock, sur l'album solo de Colin Hare. Celle-ci, gorgée d'émotion, est peut-être la plus belle réalisation du groupe.
  BONUS - Madam, Chairman Of The Committee (1972?) : A priori, cette sympathique ballade vaguement country n'a rien à faire ici. D'abord discrets, les éléments baroques s'installent, jusqu'au refrain, où la voix se tait pour laisser la place à un magnifique quatuor à cordes.
 

💓 = ★★★★☆

Compléments :
Top Baroque Albums : Réédités en petites quantités, les disques de Honeybus sont difficiles à trouver. La compilation la plus complète est le double CD  She Flies Like a Bird: The Anthology (2002)  qui a le mérite de proposer l'intégralité des enregistrements de 67 à 70, avec la majeure partie des sessions de 71-72, qui regorgent de pépites. 
 
4.2 – Colin Blunstone ⬅ 🎵 ➡ 4.4 - The Idle Race














 

02 août 2020

Spot Goes Baroque !


Pop Goes Baroque! compte désormais 20 articles…

Pour fêter ça, voici le tout nouveau “Spot Baroque”, créé par le formidable Mr Mayanob* !
Un grand merci pour tous les commentaires, suggestions et encouragements. Continuons ainsi !

Baroquement vôtre,

Syagrius


* Ne manquez pas son projet "Bowie : Ashes to Mashup". hautement recommandé !


26 juillet 2020

4.2 - Colin Blunstone

 Colin Blunstone, voix de velours

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⏯ Après la séparation des Zombies, Colin Blunstone a réussi à prolonger pendant quelques années la magie d'Odessey and Oracle, à contre-courant des excès glam et prog de ses contemporains. Sur deux albums (et demi), il se fait le héraut d'une "pop de chambre" ("chamber pop" in english version) de grande classe, à l'image de sa voix, douce et réconfortante, une des plus belles de toute l'histoire du Rock. 

1- World Of Glass (1969) : Pour ses débuts en solo, Blunstone publie trois singles sous le pseudonyme de Neil MacArthur, sans grand succès. Pourtant, tous les ingrédients de ses futurs chefs d’œuvre étaient là : luxe, calme et volupté.
2- Say You Don't Mind (1971) : Plus gros succès du chanteur, cette reprise d'un titre oublié de Denny Laine (ex-Moody Blues et futur Wings) est l'archétype du style dans lequel excelle Blunstone : un savant arrangement de cordes, parfait écrin pour une mélodie romantique, servie par le timbre inimitable du chanteur.
3- Caroline Goodbye (1971) : Coproduit par les anciens compères Zombies, l'album One Year fait la part belle aux ballades dépouillées, judicieusement ponctuées de morceaux plus rythmés, sans pour autant renoncer à la douceur générale.
4- Smokey Day (1971) : Nouvelle version d'une chanson signée Argent/White, initialement enregistrée lors des sessions de 1969, sans Blunstone. Si l'instrumentation est d'inspiration classique, la composition lorgne plutôt vers les compositeurs du 20ème siècle, voire le jazz.
⏭ La version originale, chantée par Argent, propose un superbe arrangement de clavecin.
⏭ Et si vous n'arrivez pas à choisir, écoutez le mix signé Soniclovenoize, qui mélange habilement l'arrangement de 69 avec la voix de Blunstone.
5- Every Sound I Heard (1972) : Dans un style plus commercial, Ennismore contient d'autres sommets, alternant avec des titres intimistes. Celui-ci brille par son évidence mélodique et son arrangement original, alliant avec bonheur cordes, orgue, choeurs et... synthétiseur (si si, c'est possible).
 

💓 = ★★★★

Compléments :
Top Baroque Albums : One Year (1971) et Ennismore (1972) sont indispensables. Le deuxième est légèrement moins baroque que le premier. A partir de Journey (1974), qui a encore de beaux moments, Blunstone se tourne vers une pop/rock plus commerciale, qui ne lui sied guère. Il reviendra à des chansons plus dignes au début des années 2000, en solo ou avec les Zombies reformés.

 














 

20 juillet 2020

4.1 - The Zombies

 The Zombies, Princes Pop

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⏯ Ils occupent une place à part dans l'histoire de la pop. Alors que leurs camarades de la "British Invasion" puisent allègrement leur inspiration dans le rythm'n blues, les Zombies se distinguent par des influences jazz et classiques, et ce dès leur premier single She's Not There (1964), énorme tube considéré par beaucoup comme précurseur du courant pop baroque. Après deux succès plus modestes, ils vont rapidement tomber dans l'oubli, et se séparer fin 1967, juste après avoir enregistré une sublime album, reconnu aujourd'hui comme un classique absolu : Odessey And Oracle. La virtuosité du clavier Rod Argent, la voix inimitable de Colin Blunstone, le raffinement des mélodies et des arrangements font du son des Zombies une alchimie inimitable, qui transcende les genres et les chapelles du rock.

1- Brief Candles (1968) : Les Zombies n'ont pas besoin de clavecins ou de cordes (remplacés respectivement par un piano et un synthétiseur Moog). Chez eux, la délicatesse des compositions et des orchestrations constitue l'ADN baroque d'une pop à la fois sensible et terriblement efficace.
2- A Rose For Emily - alternate version (1968) : Un écrin magnifique pour la voix douce de Colin Blunstone, véritable caresse pour les oreilles. C'est triste, mais que c'est beau !
⏭ Fallait-il vraiment choisir ce mix comprenant un violoncelle que le groupe n'a finalement pas gardé sur la version définitive ?  On a le droit de penser qu'en termes de pop baroque, le mieux est souvent l'ennemi du bien...
3- I Want Her She Wants Me (1968) : Preuve que la pop baroque, souvent mélancolique, sait aussi se faire joyeuse, ce formidable hymne au sentiment amoureux, porté par des arrangements exquis : clavecin allègre, basse sautillante et soyeuse tapisserie vocale.
4- Imagine The Swan (1969) : Début 69, le succès inattendu du single Time Of The Season aurait pu tout relancer. Hélas, le groupe est séparé depuis plus d'un an. Le chanteur Colin Blunstone étant engagé dans une carrière solo, la maison de disques se tourne vers le noyau créatif du groupe (Rod Argent et Chris White), qui consent à fournir quelques titres, dont ce beau single, baroquissime, avec ses arpèges de clavecin directement inspirés de Bach.
5- To Julia (For When She Smiles) (1969/2007) : Fruit de ces mêmes sessions post-Odessey, cette démo signée Argent/White, bien que dépouillée, est une perle rare, dont la partition de guitare semble tout droit sortie du répertoire de Dowland ou Purcell. Même morts, les Zombies avaient encore de beaux restes...
 

💓 = ★★★★★

Compléments :
Top Baroque Albums : Odessey And Oracle (1968) est un chef d'oeuvre incontournable. On recommandera également les compilations RIP (2000) et Into The Afterlife (2007), qui regroupent des titres inédits, les session Argent/White de 68-69 et les premiers singles solo de Blunstone, publiés sous le pseudonyme de Neil MacArthur.
 Parcours PGB : si vous trouvez qu'on n'entend pas assez la voix magique de Colin Blunstone sur cette playlist, vous avez parfaitement raison. Pour corriger cette erreur, rendez-vous au chapitre suivant !
 














 

13 juillet 2020

3.5 - The Monkees

The Monkees, marionnettes rebelles

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⏯ Certains n'ont jamais pardonné aux Monkees d'être un groupe monté de toutes pièces pour les besoins d'un show TV, d'autant plus qu'ils connurent avec leurs albums publiés entre 66 et 67 un immense succès, comblant opportunément le vide laissé par le retrait scénique des Beatles. Pourtant, ce n'est pas un hasard si leur pop-folk joyeuse tient la route : en plus de provenir des plus grands duos de hit-makers de l'époque (Boyce/Hart, Goffin/King, Mann/Weil), elle est brillamment interprétée par les meilleurs musiciens de studio (le fameux Wrecking Crew). Frustrés de ne pouvoir jouer sur leurs propres disques, les quatre membres vont réussir à chasser leur omnipotent manager et proposer des albums plus personnels, incluant de nombreuses incursions baroques. Respect !

  1- I Wanna Be Free (1966) : Chaque chanson des premiers albums des Monkees semble calée sur un standard des Beatles. Même si elle n'a pas la profondeur de Yesterday, son modèle évident, cette ballade a un indéniable charme, avec sa fragilité adolescente... et du clavecin en prime.
  2- I Prithee (Do Not Ask For Love) - alternate version (1966) : Pas moins de 4 versions de cette chanson ont été enregistrées entre 66 et 68, avec trois chanteurs différents ! C'est Davy Jones qui s'en tire le mieux, ses camarades se rendant coupables de nombreuses fausses notes... Superbe partition de clavecin.
  3- Mr. Webster - version 1 (1966) : Un des plus beaux titres baroques du groupe, qu'il faut là aussi aller chercher dans l’impressionnante liste de morceaux inédits et de version alternatives que comptent leurs archives.
  4- The Girl I Knew Somewhere - mono single mix (1967) : On ne pouvait pas se priver de cette petite pépite, plus rock baroque que pop, avec ses riffs et ses solos de clavecin irrésistibles, plus proéminents ici que sur le mixage stereo.
⏭ Cette utilisation "dynamique" du clavecin se retrouve deux autres groupes majeurs : les Left Banke (I've Got Something On My Mind, I Haven't Got The Nerve,...) et les Kinks (Session Man, Two Sisters,...)
  5- Dream World (1968) : De la pop orchestrale, à la limite du easy listening, certes, mais admirablement exécutée.
 

💓 = ★★★★☆

Compléments :
Top Baroque Albums : Les Monkees ne sont pas par essence un groupe de pop baroque. Il vous faudra donc picorer les cordes et le clavecin sur leurs excellents premiers albums The Monkees (1966), More Of The Monkees, Headquarters et Pisces, Aquarius, Capricorn & Jones Ltd. (1967). Sinon, le double CD Monkeemania est la compilation idéale, avec tous les tubes et plus encore.